Journal #03 25/05/2019 – Semaine 3 et 4 : gérer la fatigue (déjà), pédologie et un beau cadeau

L’installation se poursuit : les semis en pépinière ont pour la plupart fonctionné, contrairement à nos semis en plein terre qui ne démarrent pas correctement. Plusieurs raisons à cela : travail de la terre peut-être insuffisant, sol croûté par manque de paillage , protection anti-oiseau à prévoir.

Test paillage : sur la gauche, sol paillé; sur la droite, sol non paillé.

Le travail des parcelles est particulièrement difficile et prend beaucoup plus de temps que nous le pensions. La procédure nécessite 4 étapes : greliner (pour décompacter le sol), sarcler (pour décaper la végétation installée), tamiser (briser les mottes, retirer les gros cailloux, les bulbes indésirables, …), puis ratisser. Il nous faut chacun environ 4 heures pour une parcelle (7m2), mais physiquement, nous avons du mal à travailler plus d’une parcelle chacun par jour : au-delà, nous sentons que le corps fatigue de jour en jour. Le reste du temps, il faut suivre les semis, arroser, fabriquer les supports pour tenir les filets, récupérer de quoi pailler, … les journées passent vite, et il faut tenir la distance, ne pas s’épuiser physiquement et moralement.

La fin de la troisième semaine a été difficile : corps épuisé, manque de recul sur ce qu’on fait, sentiment qu’on ne va pas arriver à rattraper le retard, fatigue aussi liée aux conditions de travail qui ne sont pas simples (pas d’abri en cas de pluie, aucune ombre quand il y a du soleil – et sur les terrasses très minérales, il tape fort, …). Il nous faut chacun environ 40 min à vélo aller pour se rendre sur le site : c’est un problème quand on se déplace et qu’il se met à pleuvoir fortement, ou quand il faut simplement venir pour aérer le châssis quand la température monte plus vite que prévue, … 

La fin de la troisième semaine a été difficile : corps épuisé, manque de recul sur ce qu’on fait, sentiment qu’on ne va pas arriver à rattraper le retard, fatigue aussi liée aux conditions de travail qui ne sont pas simples (pas d’abri en cas de pluie, aucune ombre quand il y a du soleil – et sur les terrasses très minérales, il tape fort, …). Il nous faut chacun environ 40 min à vélo aller pour se rendre sur le site : c’est un problème quand on se déplace et qu’il se met à pleuvoir fortement, ou quand il faut simplement venir pour aérer le châssis quand la température monte plus vite que prévue, … 

Nous nous sommes donc fixé deux règles : tenir a minima un tour de garde quotidien, et s’obliger à se libérer deux jours par semaine hors-site, pour se reposer physiquement et mentalement, faire des recherches, et évidemment effectuer toutes les tâches administratives (on n’y échappe pas).

Analyse de sol

En agriculture urbaine, on cultive rarement en pleine terre et la notion de « sol » peut vite devenir problématique quand on analyse l’activité sous le prisme de l’énergie : le substrat et les amendements importés ont en effet un impact carbone souvent très lourd. 

Sur notre site, le substrat est déjà présent : lors de la construction du bâtiment dans les années 80, l’architecte avait prévu de vastes terrasses couvertes de terre sur une hauteur de 40 à 50 cm. Comme pour toute culture, il parait indispensable d’enrichir la terre au fur et à mesure des cultures. Notre principal challenge est de limiter les importations d’éléments extérieurs au strict minimum : pour des raisons économiques, logistiques (livraison et stockage difficile) et environnementales (bilan carbone). 

Caché dans le Parc Floral, le laboratoire d’agronomie de la Ville de Paris

La Mairie de Paris possède un laboratoire d’analyse de sols pour accompagner les jardiniers parisiens. Ils ont fourni pour les sites Parisculteurs une analyse de sol détaillée, associée à un plan d’amendement et de fertilisation, qui permet d’équilibrer le sol pendant les 5 prochaines années. 

Cette analyse est indispensable pour comprendre ce que l’on fait et ne pas gaspiller : chaque apport doit être utile, contrôlé et justifié. La semaine passée, le laboratoire nous a très gentiment reçu pour nous aider à mieux comprendre ce que nous devions faire très concrètement. Un moment très intéressant, et nous remercions vivement son directeur François Nold et Marie-Laure Mouchard pour le temps donné et leur pédagogie.

Le bilan n’est pas trop mauvais : globalement un peu trop alcalin, notre sol nécessite surtout une correction en potassium, que nous apporterons sous forme d’une poudre tirée d’un résidu de la culture de betterave à sucre. 

La science des sols est extrêmement complexe, une discipline scientifique lui est consacrée : la pédologie (du grec πέδον pédon : « sol). On y reviendra un jour, c’est un sujet passionnant. 

Un beau cadeau

Yoann Beaumont et Tran-Phi sur les futures parcelles de dahlias

Retrouver des variétés oubliées ou délaissées du circuit horticole traditionnel fait partie de notre motivation profonde. Le premier que nous avons contacté est Yoann Beaumont, Président de la Société Française de Dahlias. Un véritable personnage, passionné et passionnant, qui collectionne dans son jardin à Chartres 2300 variétés de dahlias (soit une des plus importantes du monde).

Un dahlia de Yoann Beaumont : c’est du costaud !

Yoann nous a très gentiment apporté plusieurs dizaines de dahlias de sa collection, que nous sommes très heureux et fiers de mettre en culture. Nous reviendrons prochainement sur son travail qui est tout simplement exceptionnel. 

Félix et Tran-Phi

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