Journal – Mai 2019 (1) : Première semaine

Ce projet est pour nous un changement de vie, une expérimentation à la fois personnelle et politique : nous allons donc essayer de tenir un petit journal pour témoigner de notre cheminement au fil des semaines.

5 mai 2019 : notre première semaine est passée très vite. Nous avions 4 objectifs : nous installer sur le site, construire le châssis froid, démarrer les semis et commencer à préparer les parcelles. 

Comme la plupart des sites en agriculture urbaine, les contraintes logistiques sont fortes et souvent peu connues du grand public : les accès sont contrôlés, la surface de culture est divisée en plusieurs lopins séparés par des escaliers, il faut prendre le temps de tout ranger chaque soir en partant pour que le site reste propre, ouvrir et fermer les portes à clés après chaque passage, … de plus, certains matériels ne sont pas facilement disponibles à Paris, il faut donc penser à ne rien oublier. L’installation sur site nécessite d’être bien préparé pour perdre un minimum de temps. 

Notre priorité sur site était la fabrication d’un châssis froid, conçu par Tran-Phi : il s’agit d’un coffre en bois de 9m2 recouvert d’une bâche (qu’on peut enlever et remettre seul). L’objet du châssis froid est d’isoler les semis des intempéries et d’augmenter la température de quelques degrés pour favoriser les pousses. Le fabricant de la bâche s’étant trompé de 40cm sur la longueur, nous n’avons malheureusement pas pu le terminer entièrement avant les pluies du week end (comme quoi, quand on dit qu’il faut normalement tout vérifier en amont, c’est qu’il faut vraiment tout vérifier). 

La seconde priorité était de démarrer les semis : nous sommes en effet déjà très en retard sur le planning de la saison (les semis sont en principe réalisés en mars/avril). Pour le moment, l’espace de travail est très sommaire : notre premier abri est un simple auvent, en attendant de réunir un budget et d’obtenir les autorisations pour installer une serre-cabanon. Le gros inconvénient est que nous perdons du temps quand les conditions météorologiques deviennent trop mauvaises : difficile en effet de semer de petites graines quand il y a du vent ou de grosses rafales de pluie. 

Notre approche « frugale» nous amène à expérimenter une technique pour les semis qui permet de ne pas utiliser de plastique ou même de godets biodégradables. Les premières cagettes semées sont déposées dans le châssis, verdict dans quelques jours. 

Bilan : La mauvaise météo nous a ralenti en fin de semaine, nous avons pris du retard sur les semis et nous n’avons pas encore préparé les parcelles. Cela peut paraitre évident mais on se rend compte que notre relation à la nature commence à évoluer : nous devenons tout à coup beaucoup plus attentifs à la météo, au vent et aux nuages. Du jardinage de loisir et d’un rapport respectueux à la nature nait maintenant une dépendance économique, et cela change tout. 

F&T