Journal – Aout 2019 : un premier cap est franchi, reste le deuxième !

Début Aout, pour fêter la fin des plantations de notre première saison, nous sommes partis deux jours en Normandie (en ayant pris soin de bien arroser avant de partir). Au programme : découverte du potager de la Roche-Guyon, passage éclair à la fameuse ferme du Bec Hellouin (qui nous a impressionné par la bonne tenue et la beauté du lieu), puis visite du jardin botanique de la Ville du Havre (Les Jardins Suspendus) et des carrés d’essais horticoles.

Pour finir, nous avons été reçu par un charmant couple de maraicher-horticulteurs du Pays de Caux, la famille Paillette, qui ont très gentiment acceptés de partager avec nous leur quotidien et leurs techniques de travail. Un véritable modèle de micro-ferme viable, bio, avec pour seule machine un petit motoculteur. Ils vivent modestement mais sont fiers et heureux de leur travail, et ne veulent pas s’arrêter : pour Mme Paillette, « la retraite, je n’y pense même pas, c’est au marché que je suis en vacances ! ». Vous pouvez les retrouver au marché Thiers du Havre (mercredi et vendredi) et à Fécamp le samedi.

De retour à Paris, bien boostés, nous avons repris notre travail quotidien pour accompagner les cultures (car contrairement à ce qu’on pourrait penser, non, ça ne pousse pas tout seul !). Il faut chaque jour entretenir les parcelles (désherber, biner si besoin), vérifier l’arrosage et tailler. Le mois d’aout est une période à la fois agréable (on obtient enfin le fruit de notre travail) et ingrate, car il est très difficile de vendre des fleurs. Mal préparés sur la commercialisation de nos fleurs, encore peu connus, nous n’avons quasiment rien vendu aux fleuristes en aout. Nous étions prévenus, mais jeter des fleurs au compost quand on sait le travail que cela a représenté pour les obtenir, c’est toujours un crève-coeur. Heureusement nous avons pu organiser une vente à l’hôpital pour le personnel, et nous avons rencontrés nos premiers clients en vente directe, qui sont pour le moment tous absolument charmants (et on le pense vraiment ^^).

Voilà en quelques mots résumé notre activité du mois d’aout. Nous avons vraiment le sentiment d’avoir franchi un premier cap : voir ces fleurs qui poussent sur ce toit autrefois si sec nous rend heureux et nous rassure sur la faisabilité de notre projet. On pourra mieux faire, c’est certain, mais nous produisons, cela devient réel, et c’est pour nous l’essentiel. C’est aussi le regard extérieur posé sur le projet qui évolue : on commence à avoir quelques retours positifs (dont un mail inattendu et adorable d’une « voisine heureuse » qui a vue sur le jardin), des fleuristes se montrent intéressés, et nous commençons à créer des liens avec l’hôpital.

Nos fleurs chez notre ‘voisine heureuse’

Il reste maintenant à franchir un 2e cap, et ce sera tout l’enjeu des deux mois à venir : il faut apprendre à vendre ce qu’on produit. C’est la condition indispensable pour que ce projet prenne sens et se pérennise. 

L’autre activité de cette fin d’été, c’est la préparation du plan de culture pour le printemps prochain (fleurs de mai et juin), puisque les bulbes, rhizomes et vivaces seront plantés à l’automne. Il faut sélectionner les espèces et les variétés adaptées à la fleur coupée et à nos conditions de culture, vérifier que le planning de floraison est cohérent, identifier les producteurs, valider un budget, attribuer des espaces en fonction de différents critères. C’est intéressant mais presque grisant tant il y a des fleurs que l’on a envie de cultiver. Finalement, la grande difficulté de cet exercice, c’est de ne pas se noyer devant l’éventail infini des possibilités. 

A suivre, donc !

Félix et Tran-Phi