Edito : L’entreprise ou la liberté de la page blanche

A l’heure où tous les indicateurs virent à l’écarlate pour rester sous les 2 degrés, nous sommes de plus en plus nombreux à ressentir viscéralement une urgence à agir, radicalement. Cette radicalité n’appelle pas à la violence : nous sommes profondément non-violents et un changement de société par la violence serait aussi un échec.

Il y a d’autres moyens. Chacun par exemple peut agir comme simple individu, ou agir en tant qu’acteur politique (au sens acteur de la cité), ou encore agir comme entrepreneur. 

L’entreprise est un levier très puissant dans notre société : « entreprendre » permet à chacun de réfléchir à un projet et de le réaliser. C’est une liberté très précieuse. Une société où l’on ne pourrait pas librement entreprendre serait un véritable cauchemar.

Pour avoir du sens, l’entreprise doit cependant devenir radicale, et s’imposer la neutralité carbone. Des limites que l’on s’impose naissent alors des contraintes qui nous forcent à être créatif, à innover, à collaborer. Les nouveaux entrepreneurs doivent cultiver une approche intelligente de leurs actions : il faut penser éco-système, toujours privilégier le lowtech et le réparable, cibler le zéro-déchet, sourcer toutes ses matières premières, limiter les kilomètres, valoriser le travail artisanal… Ces entreprises sont autant de pages blanches, comme un monde idéal que l’on construit pas à pas. 

Ce qui peut sembler utopique est déjà une réalité pour bon nombre d’acteurs que nous rencontrons maintenant depuis un an, et nous avons le sentiment de faire partie d’une grande famille.

Notre entreprise est notre page blanche, radicale sur ses engagements, mais réaliste par son devoir d’exister.

Notre entreprise, c’est de cultiver et vendre des fleurs avec un bilan carbone totalement nul. C’est notre rêve, et le chemin pour y parvenir notre aventure. Il y a beaucoup d’obstacles, qu’ils soient pratiques, techniques, administratifs ou financiers. Nous en témoignerons. Rien cependant ne viendra déroger à ce paradigme qui deviendra un jour, nous l’espérons, une évidence.

Ferme Florale Urbaine, Porte des Lilas à Paris, en novembre 2019

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